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Juan Rodolfo Wilcox
Pour toujours, peut-être, la désespérance vient-elle laisser ses échos exténués au pied d'un arbre ; ils reviennent de muets voyages qui te cherchent derrière le vent.
Ô pour toujours déjà ! Sur une complainte, les oiseaux d'amour vont déchirés, égarés, jusqu'au ciel. De tous côtés la nuit m'accueille ainsi, presque aussi
assoiffé que la mort, dans le brouillard de l'extrémité de l'âme que je retrouve arrachée au corps et qui s'achève.
Rien d'autre que t'aimer, désintégrant les nuages dans leurs jours, vers le centre d'un cercle oublié, amour, et t'appelant.
Para siempre, tal vez ; el desaliento quiere dejar sus ecos agotados al pie de un árbol. Vuelven de callados viajes buscándote, detrás del viento.
¡Oh, para sempre ya !Sobre un lamento los pájaros de amor van desgarrados, perdidos, hasta el cielo. En todos lados la noche me recibe, así, sediento
casi como la muerte, en la neblína del extremo del alma que me encuentro atada sobre el cuerpo, que termina.
Nada más que quererte, disgregando las nubes en sus días, hacia el centro de un circulo olvidado, amor, llamando.
Juan Rodolfo Wilcox, Les Jours heureux, traduction de l'espagnol (Argentine) et présentation de Silvia Baron Supervielle, [édition bilingue] collection Orphée, éditions de la Différence/Unesco, 1994, p. 85 et 84.
Contribution de Tristan Hordé
Juan Rodolfo Wilcox est né en 1919 à Buenos Aires, d'un père anglais et d'une mère italienne. Il achève des études d'ingénieur et, en même temps, publie des recueils de poèmes, le premier en 1940, puis en s'auto-éditant en 1945. Il rencontre Borges, Bioy Casares et Silvina Ocampo ; il voyagera plus tard avec les deux derniers et écrira avec Silvina Ocampo. En dehors de l'espagnol, il pratique couramment l'anglais, le français et l'italien, et il apprend l'allemand pour traduire Kafka — son œuvre de traducteur, à partir de 1945, est considérable. Après plusieurs séjours en Europe, pour fuir la dictature de Peron, il finit par s'installer en Italie, en 1957 ; il y restera jusqu'à sa mort en 1978. Il poursuit alors son œuvre en italien, notamment en publiant des nouvelles et des essais, et il continue son travail de traducteur (Beckett, Flaubert, Joyce, Shakespeare, Genet, etc). Il se lie à Elsa Morante, Bompiani, Moravia, etc.
(Tristan Hordé)
Bio-bibliographie plus complète : Bio-bibliographie de Juan Rodolfo Wilcox
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